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IZZ08-haikel-f
14. IZZ-presseforum, 4. Juli 2008, Zahnklinik Straßburg -
Professor Dr. Youssef Haïkel, Fakultät für Zahnheilkunde in
Straßburg: "Der endodontische Notfall" / Cas d' urgence endodontique
" ;
youssef.haikel@chru-strasbourg.fr
Inhalt (alleinig französisch)
La demande en soins endodontiques est parfois urgente compte tenu de
la douleur. Cette douleur est aiguë ou sub-aiguë, sourde ou
lancinante, localisée ou irradiante, modérée ou paroxystique. Cette
manifestation douloureuse motive la consultation en urgence et
nécessite une prise en charge rapide médicamenteuse et surtout
chirurgicale. La douleur a une origine inflammatoire pulpaire ou
infectieuse lorsqu’il s’agit d’une complication de la nécrose
pulpaire.
On parlera de pulpite lorsqu’il s’agit d’un phénomène inflammatoire
de la pulpe et de parodontite apicale en présence d’une pulpe
nécrosée. La carie dentaire ou l’absence d’une restauration dentaire
étanche sont les facteurs étiologiques principaux des atteintes
pulpaires et de leurs complications infectieuses.
Malgré l’urgence, il est nécessaire de respecter une méthodologie
rigoureuse afin d’identifier précisément la pathologie en cause.
L’anamnèse sera médicale et dentaire, en particulier la
caractérisation de la douleur, l’examen sera réalisé visuellement à
l’œil nu ou aux moyens d’aide optiques associés aux tests pulpaires
et parodontaux. L’examen radiographique est une aide incontournable
au diagnostic en endodontie, même si les pulpes vitales
pathologiques ne montrent aucun signe radiologique anormal. La
rigueur de cet examen permet de faire le bon diagnostic, de soulager
le patient, de choisir la thérapeutique la plus adaptée, d’établir
un pronostic et d’anticiper d’éventuels difficultés opératoires.
L’état de santé général du patient (cardiopathies, diabète 1 et 2
non-équilibrés), l’ancienneté du processus pathologique, les
traitements déjà entrepris, influent sur la l’option thérapeutique.
La pulpite irréversible
Elle peut être chronique ou aiguë. La forme aiguë se manifeste par
des douleurs intermittentes et souvent pouvant être paroxystiques.
Son traitement relève de l’urgence endodontique. L’examen clinique
révèle souvent la présence d’une lésion carieuse profonde ou
l’absence d’une obturation coronaire étanche. Cependant les usures
dentaires et les microfissures peuvent être aussi des portes
d’entrées pour les bactéries. La dent causale répond positivement et
de façon exacerbée aux tests de vitalité pulpaire, ce qui atteste de
la vitalité pulpaire et de son état inflammatoire. Cependant, cette
réponse douloureuse persiste par rapport aux tests prodigués sur les
dents voisines. La radiographie ne relève aucune anomalie. Le
traitement médicamenteux est souvent inopérant pour traiter cette
inflammation pulpaire. L’intervention est chirurgicale et par voie
canalaire, elle consiste à réaliser une anesthésie adaptée, à poser
un champs opératoire, à enlever les tissus carieux et à trépaner la
dent pour soulager le patient. La levée de la congestion vasculaire
intracanalaire est déterminante dans le traitement symptomatique de
la douleur.
Le traitement étiologique qui consiste à éliminer la totalité de la
pulpe, à mettre en forme le ou les canaux radiculaires et à réaliser
le scellement est pratiqué dans la même séance ou en différé. Dans
ce dernier cas, la méditation préventif antiseptique intracanalaire
d’attente est mise en place. La prescription d’un analgésique
approprié (AINS) n’est pas systématique mais réconfortante pour le
patient.
Parodontite apicale (PA)
La PA est une complication de la nécrose pulpaire qui est
caractérisée par l’existence d’une voie de contamination bactérienne
endoparodontale, une réponse négative aux tests de vitalité pulpaire
et dans son évolution l’existence d’une image osseuse radioclaire
apicale. Dans sa forme initiale, il y a une amplification des
phénomènes inflammatoires on parle alors de parodontite apicale
aiguë (PAA) qui lorsqu’elle évolue vers l’abcédation, il s’agit
alors d’un abcès apicale aigue (AAA). L’AAA Peut être une
complication d’un traitement canalaire en cours. La PAA et l’AAA ne
montrent pas encore de lésions apicales radioclaires décelables à la
radiographie. L’évolution vers la chronicité se manifeste par la
présence de lésions apicales osseuses granulomatoses ou kystiques,
lésions qui sont radioclaires à la radiographie. L’exacerbation de
cette lésion chronique appelée parodontite apicale chronique
correspond à l’abcès récurrent (AR) ou abcès phœnix. Cette dernière
forme clinique relève également de l’urgence endodontique en raison
des douleurs.
Dans ces trois syndromes AAA, AA, AR, la symptomatologie douloureuse
est présente et exacerbée par la percussion ou la mastication, un
œdème qui peut être palpable et fluctuant, une mobilité de la dent
et voire un état fébrile. Le diagnostic différentiel se fera avec
l’abcès parodontal où la dent est sensible aux tests de vitalité et
présente au sondage, une poche parodontale purulente. Selon les
études entre 44 et 77% des sujets sont porteurs d’au moins une
lésion apicale, ce qui place la parodontie apicale dans les
affections les plus courantes de la planète (Boucher et coll. 2002).
Il existe une forte corrélation entre le nombre de dents restantes,
le nombre de dents dépulpées et l’existence de lésions périapicales
(Eriksen, 1991). Ce constat suggère l’importance de la lutte contre
la carie dentaire dans la prévention de la parodontite apicale mais
aussi la nécessité des recommandations pour la bonne pratique
clinique de l’endodontie.
Recommandations pour la pratique clinique (RPC) du traitement
d’urgence de la PAA, de l’AAA et de l’AR :
Objectif : cette RPC a pour but d’aider les cliniciens à soulager la
douleur des patients souffrant d’une infection d’origine
endodontique (Glenny et Simpson, 2004 modifié).
Définition : inflammation périapicale causée par une pulpe non
vitale, non traitée (PAA, AAA).
Recommandations :
- Procéder aussitôt que possible au traitement endodontique non
chirurgical par voie canalaire de la dent atteinte.
- Si le traitement endodontique ne peut être appliqué immédiatement,
prescrire les analgésiques appropriés.
- En cas d’abcès localisé, procéder dès que possible au drainage par
voie canalaire ou par incision.
- Si le drainage immédiat n’est pas possible, recommander un
analgésique approprié (AINS) jusqu’à ce que l’infection puisse être
drainée correctement.
- Lorsque l’infection est localisée, un traitement antibiotique ne
présente aucun avantage particulier comparé au drainage d’abcès.
- En présence de complications systémiques (fièvre, lymphadénopathie,
cellulite), d’une inflammation diffuse, ou lorsque le patient est à
haut risque, les antibiotiques peuvent fournir un traitement
complémentaire utile. Il n’existe aucune donnée probante concernant
l’utilisation d’un type d’antibiotique plutôt qu’un autre type pour
le traitement des syndromes apicaux aigus avec complications
systémiques. Le traitement antibiotique est recommandé lorsque le
drainage n’est pas possible.
- Administrer au patient la dose d’analgésique appropriée (AINS s’il
n’y a pas de contre indications), soit avant l’intervention, soit
immédiatement après. Poursuivre le traitement aussi longtemps que
nécessaire pour soulager la douleur.
- Le traitement antibiotique n’est pas indiqué chez les patients en
bonne santé ou lorsque l’abcès est localisé.
- Le traitement antibiotique est indiqué chez les patients à risque
(diabète 1et 2 non-équilibrés, immunodéficients).
- Pour certains patients à haut risque (prothèses valvulaires,
endocardite infectieuse) l’extraction est une alternative au
traitement endodontique.
- Mettre la dent en sous occlusion si possible pour soulager le
patient.
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